Le Salon international de l'alimentation veut faire du bien aux Français. Lors de cette édition 2014 (19-23 octobre, Paris), une ribambelle d'aliments santé venues de l'étranger mettront en lumière de nouveaux ingrédients, que les Français n'ont pas encore l'habitude de consommer. Tendance. 

Les Français commencent à en entendre parler d'eux, mais disposent encore de peu de choix. Les "superaliments", ces produits alimentaires qui se mangent le plus naturellement possible et qui ont des effets sur la santé plus ou moins prouvés scientifiquement, débarqueront en force à Paris Nord Villepinte dès le 19 octobre où les industriels de l'agroalimentaire de la planète convergeront lors du Sial. Objectif : conclure des contrats pour commercialiser de nouveaux aliments.

Açaï, baies de Goji... Ces ovnis naturels ont créé une tendance du côté de l'innovation alimentaire. Le cabinet XTC, expert en la matière, parle "d'alimentation protectrice", des "aliments qui protègent l'organisme en améliorant le capital santé ou apportant l'assurance de ne pas le dégrader, mais également des produits qui répondent aux nouveaux besoins fonctionnels liés à l'allongement de l'espérance de vie".

Et ce futur rayon de produits alimentaires ne serait pas réservé aux adeptes du bio et autres "consommacteurs". Car une récente étude du cabinet Precepta estime à 4% l'augmentation des ventes des aliments fonctionnels en 2014 et à +3,5% en 2015 puis 2016. "Désormais, le potentiel du marché des aliments santé est bien réel", explique cette étude. Et d'ajouter : "Ils (les majors de l'industrie agroalimentaire, NDLR) multiplient les acquisitions [...] et misent sur leur capacité d'innovation". 

Direction la Nouvelle-Zélande

Les rayons du bio devraient prochainement regorger d'aliments de ce genre, venus des quatre coins du monde. À des milliers de kilomètres de l'Hexagone, la Nouvelle-Zélande serait un fournisseur de taille. Engagé dans une politique environnementale très stricte, le pays des All Blacks est un habitué des "superaliments". Récemment, les Français ont goûté à son kiwi, étiqueté Zespri Sungold, riche en vitamines C, en fibres, affichant 57 calories pour 100 grammes.

Autre choix, les défenseurs du bio, aux sources bien affûtées, ont peut-être déjà dégusté le miel de Manuka. La préparation des abeilles est exclusivement produite dans le pays voisin des Australiens. Il dispose de propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes, notamment en cas de brûlure ou d'ulcère. Pour reconnaître le vrai produit, il faut identifier l'inscription "MGO Manuka Honey".

Enfin, la Nouvelle-Zélande devrait mieux faire connaître un de ses "superingrédients", le boyensberry, une baie entre la framboise et la mûre. Il n'existe pas encore de produits alimentaires qui l'utilisent en France, mais cela ne saurait tarder...

Cap sur l'Amérique du Sud

Les autres innovations du genre viendront de l'autre côté de la planète, vers l'Amérique du Sud. Le Brésil dégainera "le smoothie Amazoo", un jus d'açaï riche en pulpe, prêt à consommer. Aliment des indigènes d'Amazonie, les baies d'Açaï sont le fruit d'un palmier qui pousse dans des zones marécageuses. Certains ont longtemps cru à leur pouvoir amaigrissant. Pour l'instant, aucune étude scientifique n'a prouvé les véritables vertus de ce nouvel aliment.

Lors du Salon international de l'alimentation, l'Équateur mettra aussi en exergue sa production locale au travers de nouveaux aliments santé, à savoir des chips de légumes issus de la forêt tropicale humide et des chips de banane plantain. Ces produits proviennent de petits producteurs équatoriens et sont sans gluten ni lactose. Voilà un nouvel aliment qui fait d'une pierre deux coups en répondant à deux tendances : les ventes de produits alimentaires sans allergène devraient progresser de 8% en 2015, estimait Xerfi l'année dernière...