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article du figaro

«Les premières études sur la caféine consistaient à en injecter des quantités phénoménales à des animaux», raconte Astrid Nehlig, directrice de recherche à l'Inserm, unité 1.129. «On a alors évidemment observé beaucoup de phénomènes parfois contradictoires mais souvent négatifs.» La caféine étant la substance psychoactive la plus consommée dans le monde, ses effets sur le cerveau ont toujours été la source de beaucoup d'inquiétudes et de fantasmes. Depuis une vingtaine d'années, la recherche s'attache enfin à comprendre les effets de la caféine à des doses qui correspondent à une consommation moyenne, autour de 2 à 5 tasses de café par jour. «On obtient des résultats plus réalistes, même s'il est toujours difficile d'étudier des éléments de notre alimentation car de nombreux facteurs entrent en jeu, en particulier la chronobiologie», souligne Astrid Nehlig.

Le café demeure la source principale, mais pas unique, de caféine caféine dans le monde et son principal effet, une vigilance accrue, est à l'origine de son usage. La légende raconte en effet qu'un berger africain, ayant constaté que ses chèvres étaient agitées après avoir consommé des graines de caféier, a rapporté son observation aux moines voisins qui conçurent alors une boisson capable de les maintenir éveillés pendant leurs longues heures de prière.

Une élimination lente

La caféine a en effet la capacité de se fixer sur les récepteurs à l'adénosine de nos neurones, empêchant cette dernière de jouer son rôle pour réduire leur activité et favoriser l'endormissement. Il n'est donc pas surprenant que la consommation de café puisse perturber le sommeil, même après plusieurs heures. Si ses effets sur la vigilance se font sentir entre 10 minutes et une heure après son absorption, l'organisme met environ six heures à éliminer la moitié de la caféine: une tasse de café bue après 17 heures peut gêner un endormissement serein.

«Il existe cependant un polymorphisme génétique des récepteurs à l'adénosine qui explique pourquoi certaines personnes ne sont pas du tout affectées par cet effet de la caféine», analyse Astrid Nehlig. L'augmentation de l'activité neuronale induite par l'inhibition des récepteurs à l'adénosine peut provoquer une augmentation de la production d'adrénaline pour améliorer la capacité de l'organisme à répondre à ce qu'il perçoit comme une activité augmentée, avec des répercussions potentielles sur le circuit de la dopamine.

Tous ces effets sur des neurotransmetteurs posent la question de l'accoutumance et de la dépendance, appuyée par le syndrome de sevrage observé par certains consommateurs de café. «En dehors de cet effet de sevrage, présent chez 10 % des personnes et qui dure de 48 heures à une semaine, les marqueurs les plus significatifs de la dépendance ne sont pas activés avec la consommation de caféine», précise Astrid Nehlig. Ainsi, aucune étude fiable n'a montré d'augmentation spontanée de la dose de caféine du matin, qui fait toujours le même effet, et le circuit de la dépendance lié à l'effet de récompense, typique des addictions, n'est pas du tout activé.

Pas plus de 5 tasses par jour

Si aucune dépendance physiologique ne peut être imputée à la caféine, les chercheurs n'excluent pas la dépendance psychologique attachée au confort d'une meilleure vigilance ou de performances intellectuelles accrues grâce à la capacité de concentration que permet la caféine. Des études ont cependant montré une accoutumance possible à certains effets négatifs de la caféine: nervosité, anxiété, agitation musculaire. Ces effets, particulièrement gênants, conduisent normalement à limiter spontanément sa consommation de caféine, mais, si ces signaux d'alerte disparaissent, quels sont les effets à long terme d'une consommation excessive de café?

À l'heure actuelle, les études les plus fiables, portant sur le plus grand nombre de personnes, indiquent qu'une consommation faible à modérée de caféine, correspondant à moins de 5 tasses par jour, n'a pas d'effet négatif notoire sur la santé. Les recommandations des agences sanitaires internationales reprennent donc ce chiffre, réduit à 2 ou 3 tasses par jour pour les femmes enceintes (lire ci-dessous). Ces données semblent correspondre à la consommation moyenne observée dans la majorité des pays occidentaux mais elle n'est qu'un chiffre moyen pour l'ensemble de la population.

Une proportion significative de gros buveurs de café - plus de 8 tasses par jour - devra donc faire un petit effort pour profiter prudemment des effets bénéfiques de la caféine.